Italie : Carnet de voyage
Régis et Agnès à Venise
Auteur : Agnès et Régis
Date : Janvier 2001
Les prix dégriffés n'ont qu'un seul petit inconvénient : le détour par Bruxelles pour aller à Venise (pas mal…). Mais le vol au-dessus des Alpes est à couper le souffle, quasiment jusqu'à l'arrivée à l'aéroport de Venise, en fait sur le continent. Un bus direct (1500 ou 5000 lires selon qu'il est jaune ou bleu) vous dépose directo piazza Roma et c'est déjà l'enchantement. S'orienter par rapport au Grand Canal (à quelques mètres) et prendre d'emblée le vaporetto…c'est carrément magique. Le vaporetto vous mène où vous voulez et fait des vagues le long des palais vénitiens qui se comptent par dizaines. Sur l'eau, c'est surréaliste :les ambulances, les policiers, les déménageurs, les vénitiens en goguette pilotent leurs embarcations comme nous notre automobile, sauf que ça parait bien plus romantique que dans les rues de Paris, aux heures de pointe.
Pour l'hôtel, réserver absolument à l'avance (et plusieurs semaines avant si possible). Nous sommes descendus au Bernardi, une adresse que nous vous conseillons (Le Routard aussi). Un hôtel deux étoiles, super bien situé (dans le quartier du Canareggio, à quelques mètres du Rialto), impeccablement bien tenu avec petit déjeuner compris et hôtes parlant couramment le français. 170000 lires soit plus de 500 francs, ce qui correspond à un hôtel bon marché pour Venise ! Car question tune, il faut s'accrocher. Tout est méga cher : l'hébergement mais aussi le restau, le café jusqu'au sandwich.
Que dire d'autre, sinon de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles, de recoins sombres, de ponts, de voies sans issue et de places au décor de cinéma. Pas si grande mais aux multiples visages, Venise peut se visiter par quartiers (ce que nous avons fait, un peu au feeling, un peu en suivant les contours d'une carte). Chaque partie de la ville a sa propre identité, des signes extérieurs qui sautent aux yeux même du touriste de base. San Marco, sa place archi-connue mais néanmoins inévitable, ses boutiques élégantes, ses menus pour touristes. Au bout de l'île, le quartier du Castello, populaire avec son petit port de pêche, ses ateliers, ses bistrots. Mais aussi ne pas manquer le marché et ses étals de poulpes, après avoir passé le Rialto dans le quartier de San Polo et Santa Croce où se confectionnent masques et costumes derrière les vitrines pour le Carnaval de février.
Si vous séjournez plus de trois jours ou si vous voulez tout simplement visiter la lagune, un seul moyen : prendre le bateau et se rendre sur une des îles. Nous avons préféré Burano, totalement déserte en janvier, à l'île du Lido, où descendent de nombreuses stars. Nous n'avons pas été déçus par le voyage :des maisons de toutes les couleurs (à frôler parfois le mauvais goût mais l'ensemble est magnifique), et des barques de pêcheurs devant chaque pas de porte. Au retour, nous avons fait une halte sur la sauvage Torcello mais à part une église vénéto-byzantine et un calme monastique, la balade est plutôt limitée. Pour ceux qui veulent se cultiver, la visite du palais des Doges s'impose pour re-découvrir la peinture de Véronèse, Titien, Le Tintoret et Jérôme Bosch, puis passer le pont des Soupirs qui mène jusqu'aux geôles du palais. Voir également la galleria dell'accademia (dans le Dorsoduro au bord du Grand Canal) qui contient d'autres œuvres majeures de peintres italiens.
De retour à Venise, à l'heure du repas (attention les restos ferment à 21 heures), se laisser guider par une carte et un décor qui vous inspirent. De notre côté, nous avions déniché totalement par hasard dès notre arrivée une excellente adresse, très connue des Vénitiens, que nous vous recommandons chaudement : le Tre Spedi (menu à 26000 lires). Une ambiance bistrot chargé de souvenirs, des patrons qui servent et discutent en même temps avec leurs invités, laissant leurs dames dans la cuisine, d'excellentes pâtes et des soupes de poissons comme à la maison. Tellement même que nous y revenions chaque soir !
Pour finir, on ne saurait trop vous recommander de visiter Venise, hors saison touristique. Le mois de janvier est peut-être un peu froid (un vent glacial a soufflé certains jours) et ne nous a pas permis de siroter une orangeade aux terrasses des cafés mais Venise est absolument déserte avant le Carnaval. Sans oublier qu'à cette époque, les eaux montent et inondent 2 ou 3 heures certaines parties de la ville dont la place San Marco, et c'est totalement pittoresque!