Avalanche et raquettes à neige : faut-il un DVA, une pelle et une sonde ?

Oui, dès que vous sortez des itinéraires balisés d'un domaine nordique. Une avalanche ne fait pas la différence entre un skieur et un raquettiste : hors domaine, chaque membre du groupe devrait porter un DVA, une pelle et une sonde, et savoir s'en servir.

Page modifiée le 07/11/2026 par

Raquettes à neige et risque d'avalanche
Raquettes à neige et risque d'avalanche

« Je fais juste des raquettes, pas du ski de rando. » On entend souvent ça au parking. Comme c'est facile, ce serait sans danger. Sauf que le raquettiste marche sur les mêmes pentes et sous les mêmes versants que le skieur, en général avec moins de formation, et souvent sans aucun matériel de secours.

Pourquoi les raquettistes sont exposés

Il faut regarder la pente sur laquelle on marche, mais surtout celles qui sont au-dessus. Un fond de vallon plat, un chemin d'été qui longe un versant, une combe pour aller à un lac gelé : ce sont des terrains typiques de la raquette, et des zones où une avalanche partie plus haut peut arriver.

  • La plupart des avalanches de plaque partent de pentes de 30 à 45°, et ces pentes dominent très souvent des itinéraires faciles.
  • Un sentier sans danger en juillet peut traverser trois couloirs d'avalanche en février.
  • Avec des raquettes, on arrive vite sur des pentes exposées, sans l'expérience qu'on aurait acquise en y venant à ski.
  • Les groupes partent souvent sans DVA, ou avec un seul appareil pour tout le monde. Ça ne sert à rien si c'est son porteur qui est enseveli.

Ce que disent les chiffres

L'ANENA (Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches) suit les accidents depuis près de cinquante ans. Sur la durée, la France compte en moyenne environ 21 accidents d'avalanche mortels et 31 décès par an depuis 1980, toutes activités confondues. Les skieurs de randonnée représentent 43 % des accidents mortels, le hors-piste 35 %, les alpinistes 15 %. Les autres pratiques, dont la raquette, pèsent environ 5 %.

Ce chiffre bas a une explication simple : la plupart des raquettistes restent sur des itinéraires balisés. Ceux qui en sortent s'exposent au même risque que les skieurs, et les bilans annuels de l'ANENA décrivent chaque saison des accidents de randonneurs à raquettes.

Un autre chiffre compte davantage pour vous : les chances de survie d'une personne totalement ensevelie chutent rapidement après le premier quart d'heure. Au-delà, elles s'effondrent. Les secours arrivent rarement aussi vite. En pratique, ce sont vos compagnons qui vous sortiront de là, ou personne. D'où le matériel.

Le trio DVA, pelle, sonde : à quoi sert chaque outil

Photo : Equipement de secours en cas d'avalanche
Outil Son rôle Ce qu'il faut choisir
DVA Émet un signal en permanence pendant la sortie. Si quelqu'un est enseveli, les autres passent en mode recherche pour le localiser. Un appareil numérique à 3 antennes, porté sur soi (harnais ou poche fermée), jamais dans le sac. Piles neuves en début de saison.
Sonde Confirme la position exacte et la profondeur de la victime une fois la zone resserrée au DVA. Une vraie sonde d'au moins 2,40 m, pas un bâton transformable.
Pelle Dégage la victime. Après une avalanche, la neige se tasse et devient très dure : c'est l'étape la plus longue. Une pelle métallique à manche démontable. Les pelles en plastique cassent ou glissent sur la neige dure.

Un DVA sans pelle trouve une victime qu'on ne peut pas dégager, une pelle sans DVA fait creuser au hasard. Il faut donc les trois, et un jeu complet par personne : celui qui est sous la neige ne peut pas prêter le sien.

Budget : un pack DVA, pelle et sonde neuf coûte en général quelques centaines d'euros. Pour quelques sorties par an, la location en magasin de montagne est une bonne solution.

Le geste qu'on oublie : le test de groupe au départ

Avant chaque sortie hors domaine, vérifiez que tous les DVA fonctionnent :

  1. Chacun allume son DVA en mode émission.
  2. Une personne passe en mode recherche et contrôle qu'elle capte chaque membre du groupe, un par un.
  3. Elle repasse en émission et quelqu'un d'autre la contrôle à son tour.

Cela prend deux minutes et évite de découvrir sur une avalanche qu'un appareil avait les piles à plat ou était resté éteint au fond du sac.

Domaine balisé ou hors-piste : ce qui change

Sur un itinéraire raquettes balisé (domaine nordique, balisage violet ou ancien balisage jaune ou orange), le service des pistes évalue le risque, ferme les secteurs dangereux, déclenche si besoin et assure les secours. Le trio DVA-pelle-sonde n'y est pas nécessaire. C'est le terrain à privilégier quand le BERA annonce un risque marqué.

Hors domaine, y compris sur un sentier d'été bien connu, vous êtes seul responsable de l'évaluation du risque. Il faut alors :

  • consulter le BERA du massif et adapter l'itinéraire ;
  • porter DVA, pelle et sonde, chacun, et avoir fait le test de groupe ;
  • s'espacer dans les passages exposés et ne pas s'arrêter sous une pente chargée ;
  • savoir faire demi-tour.

Apprendre à s'en servir

Un DVA qu'on ne sait pas utiliser sous stress ne sert pas à grand-chose. Organiser le groupe, suivre le signal, sonder en spirale, pelleter sans s'épuiser : tout ça demande de l'entraînement, et cet article ne vous l'apprendra pas. Il faut le faire dans la neige, au moins une fois.

Plusieurs possibilités existent : journées de formation proposées par les clubs (CAF, FFME), stages de l'ANENA, sorties encadrées par un accompagnateur en montagne qui intègrent un atelier DVA. De nombreuses stations installent aussi des parcs d'entraînement DVA en accès libre où l'on peut s'exercer sur des émetteurs enterrés. Une demi-journée suffit pour les bases. Le plus dur est de s'y remettre chaque début de saison.

Questions fréquentes

Le DVA est-il obligatoire en raquettes ?

Aucune loi n'impose le DVA au randonneur individuel en France. Il est en revanche exigé dans les sorties hivernales encadrées par les clubs (la FFME le rappelle chaque saison dans sa lettre sécurité) et indispensable dès qu'on quitte les itinéraires balisés et sécurisés.

Faut-il un DVA sur une piste raquettes balisée ?

Non. Les itinéraires balisés des domaines nordiques sont surveillés et fermés en cas de danger. Le matériel de recherche devient nécessaire dès qu'on en sort.

Un seul DVA pour tout le groupe suffit-il ?

Non. Chaque personne doit porter un DVA en émission, une pelle et une sonde. Si le seul porteur est enseveli, personne ne peut le chercher.

Le DVA de mon téléphone peut-il remplacer un vrai DVA ?

Non. Les applications de téléphone ne fonctionnent pas sur la fréquence des DVA et ne permettent ni d'être retrouvé par un appareil standard, ni de chercher une victime équipée.

Sources : ANENA, statistiques sur les accidents d'avalanche en France (1980-2018) ; FFME, lettre sécurité hivernale, novembre 2025 ; Météo-France, bulletin d'estimation du risque d'avalanche.

À lire aussi : Des sentiers qui peuvent devenir dangereux · Toutes les questions sur les raquettes à neige

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