Le Népal a annoncé une augmentation significative du prix des permis pour l’ascension de l’Everest, le plus haut sommet du monde, dans le but de lutter contre la pollution et d’améliorer la sécurité sur la montagne. Le coût d’un permis en haute saison (printemps) passe ainsi de 11 000 à 15 000 dollars, soit une hausse d’un tiers.

Les tarifs pour les périodes moins prisées, comme l’hiver ou la mousson, augmentent également, passant par exemple de 5 500 à 7 500 dollars pour l’automne. Cette révision tarifaire, la première depuis dix ans, a été justifiée par les autorités népalaises comme une nécessité pour mieux encadrer les expéditions et générer des revenus supplémentaires.

Le Népal, qui abrite huit des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres au monde, attire chaque année des milliers d’alpinistes. En 2023, 478 permis ont été vendus, rapportant plusieurs millions de dollars à l’État. Ces fonds sont principalement destinés à financer le nettoyage des déchets laissés par les grimpeurs et à soutenir les opérations de recherche et de secours.

Cependant, le pays a été critiqué pour son manque d’action en matière de préservation de l’environnement et de gestion des flux d’alpinistes, malgré les mesures récentes comme l’obligation pour les grimpeurs de porter des traceurs et des sacs pour ramasser leurs déchets.

Le camp de base de l’Everest, autrefois composé de tentes d'alpinisme, s’est transformé petit à petit en un lieu doté d’infrastructures modernes, avec des lodges avec télévision, de toilettes privées, de couvertures chauffantes et même d'un spa ce qui a fait beaucoup parlé il y a quelques mois. Les alpinistes bénéficient également de services de livraison quotidienne de nourriture par hélicoptère, et certains touristes peuvent même profiter de vols panoramiques pour admirer les paysages. Pendant la haute saison, plus de 1 500 personnes vivent au camp de base, ce qui en fait un lieu très fréquenté et très animé.

Cependant, cette hausse des tarifs suscite des inquiétudes parmi les agences de voyage et les professionnels de l’alpinisme. Certains craignent que les grimpeurs ne se tournent vers le Tibet, où les infrastructures sont souvent considérées comme meilleures et où les conditions d’ascension peuvent être plus attractives.

Cette mesure, bien qu’approuvée en janvier, n’a été officialisée que récemment, suscitant des débats sur son impact à long terme. Si elle vise à mieux protéger l’environnement et à améliorer la sécurité, elle pourrait également dissuader certains grimpeurs, notamment ceux qui cherchent des alternatives moins coûteuses ou mieux organisées.

Le Népal devra donc trouver un équilibre entre la préservation de son patrimoine naturel, la gestion des flux touristiques et le maintien de son attractivité en tant que destination phare pour l’alpinisme.