Description de cet itinéraire

Lundi 5 Août 2019, 14h30

Voici que je débute mon ascension pour le Lac du Montagnon.

Mon sac, chargé de 25kg de matériel. J’avais tout ce dont j’avais besoin pour mon bivouac. De quoi dormir, manger et boire, mais aussi mon matériel photo.

Mon itinéraire était de « seulement » de 4km 😅, mais avec 1000m de dénivelé positif. un départ à 1060m, pour une arrivée à un peu plus de 2000m d’altitude. Une pente d’environ 25% sur tout le trajet avec un sac de 25kg autant dire que ouais j’en ai grave chié. 😂😂 5 heures au total contre 3h10 annoncées, le poids du sac m’ayant pas mal ralenti, je me suis retrouvé obligé de faire des pauses, beaucoup de pauses à vrai dire.

La mise en jambes fut correcte, mais sans réelle grande difficulté. c’est arrivé à environ 1h de marche que la fatigue commença à faire sa petite apparition. Les pauses ne dépassaient pas les 10 minutes et me permettaient de récupérer, mais une fois sorti du bois (1300m), les choses se compliquaient, le sentier était assez étroit, ce qui ne permettait pas d’avoir un bon rythme de marche. De plus, les petites montées assez raides me fatiguaient et me demandaient un effort plus important.

Rendu à 1585m une petite cabane, avec une source d’eau fraiche, très fraiche même, à se demander si il n’y avait pas de glaçons, me fit le plus grand bien. Je décidai de faire une grosse pause et de prendre du temps pour moi et mes pieds qui commençaient à accuser le coup. Étant sujet aux ampoules j’étais obligé de prendre du temps pour soigner, celle qui avait fait son apparition sur le tendon d’Achille au pied gauche, la même qu’à ma dernière ascension.

C’est en Septembre 2018, lors de mon ascension pour le Lac d’Anterne dans les Alpes, qu’une ampoule, que j’avais senti se former au niveau du tendon d’Achille, me fit faire demi-tour m’empêchant de continuer. Elle avait percé et avait été mise à nu, la peau, à vif frottait dans la chaussette et me faisant boitiller. Depuis ce jour, je préfère perdre du temps à la soigner, mais réussir à me permettre d’arriver où je le souhaite.

C’était sans savoir, que la suite allait être encore plus compliquée et plus physique, que les deux première heures que j’avais effectué. Des montées plus raides, m’obligeant à réaliser plus de pauses, beaucoup plus de pauses, 30 minutes de marche, 5 à 20 minutes de pause en fonction de mon état. Car les crampes, survenues à plusieurs reprises à la cuisse droite, m’obligeait à devoir m’arrêter pour relâcher les muscles.

Dernière étape, arriver au Col de Taillandère 1836m, il me restait 600 mètres à parcourir (600m je sais c’est rien 😅) mais à ces 600m se rajoutaient 200 mètres de dénivelé positif pour atteindre les 2020m donc une pente à 35%. Mais avant tout ça, une pause était obligatoire. Je me fis à manger histoire de regagner en énergie avant cette dernière étape. 45 minutes à crapahuter, dans un tracé réalisé à travers les éboulis. Chaque fois que je posais le pied, je n’étais jamais certain de savoir s’il n’allait pas se dérober sur ces cailloux. Pas manqué, à nombreuses reprises, mon pied dérapait, glissait.

Mais après un dernier effort intense, j’étais arrivé au point final. Il ne me restait plus qu’à installer mon bivouac avec cette vue magnifique, que m’avait offert cet effort de quasiment 5 heures.

Mardi 6 Août, 01h00

Le soir même la météo s’annonçait clémente. Aucun nuage n’était prévu. La lune, était dans sa période où son coucher se faisait relativement tôt dans la nuit.

J’avais programmé mon réveil pour une heure du matin. Le réveil fut dur, au vu de la journée que j’avais passé. Mais en sortant, la tête encore somnolente, j’aperçus ce ciel étoilé, un ciel qu’on ne peut voir dans les villes où même aux abords des villes. Cette pollution lumineuse qui nous gâche, la joie de voir ces millions d’étoiles dans le ciel.

Un vent froid et assez fort, me fouetta le visage, et me permis de sortir de cette somnolence. Quand on se réveille après avoir dormi bien au chaud dans son duvet, se lever pour aller dehors, prendre des photos, vous donnerait presque envie de retourner vous coucher.

Mais je ne pouvais louper ça.

Mardi 6 Août, 07h00

Après une nuit étoilée et un réveil sous le soleil, ma journée devait être consacrée au repos et à la photo. J’avais prévu de rester jusqu’au mercredi matin, mais la météo n’était pas plaisante. Enfin pas plaisante à mon goût, un ciel trop bleu, trop épuré, sans nuage. Ce que je déteste, car à part le matin et le soir, où les couleurs sont plus chaudes et une lumières moins dures, le reste de la journée est compliquée pour travailler. Et voyant sur les prévisions météo que sa ne risquait pas de bouger, à 13h30 je décidai d’entamer ma descente.

La descente fut compliquée, risquée et glissante. faisant face à la pente, la peur de glisser et chuter était bien plus présente que sur la montée. À plusieurs reprises, je fus obligé de m’asseoir pour descendre. Même avec des précautions, j’ai glissé à plusieurs reprises sur ces petits blocs de pierre, qui roulaient sous mes pieds.

Rendu en bas, les muscles des jambes étaient crispés. Je pris quelques instants de pause, afin de détendre les jambes, puis je repartis pour la suite. Le parcours était beaucoup moins physique que l’aller, juste fatiguant pour les genoux. Ce n’était pas une descente toute simple, il y avait des trous, des marches plus ou moins hautes formées naturellement, ce qui amenait les genoux à encaisser les chocs.

La première pause se fit à la source d’eau, celle à mi-parcours. J’en profitai pour regarder mes pieds, une nouvelle ampoule s’était formée sous le gros orteil gauche. Une fois soignée, je repartis. C’est rendu aux 3/4 que les genoux peinaient, et subissaient le poids de mon sac, les pauses étaient un peu plus importantes qu’au début. Mais quelle satisfaction quand je commençai à entendre le cours d’eau qui signifiait que l’arrivée était proche. Et quand je vis ma voiture garée sur le parking, une satisfaction d’être arrivé et d’avoir terminé me submergeai.

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