Découverte

Voici comment Lowa fabrique vos chaussures de randonnée

avec

Lowa

Voici un article pour vous montrer comment la marque Lowa conçoit et fabrique vos chaussures de randonnée dans son usine de Jetzendorf près de Munich en Allemagne. De la conception à la fabrication, on vous dévoile le processus complet de fabrication d'une paire de chaussures de trekking ou de rando.

Au début du mois de juillet 2018, j'ai eu l'opportunité d'aller visiter l'usine de fabrication des chaussures Lowa en Allemagne. Une belle découverte qui me fera regarder différemment mes chaussures de randonnée à l'avenir.

Le 9 juillet 2018, me voilà donc dans l'avion qui m'amène à Munich après une courte escale à Paris. Je dois retrouver Morgan et Johanne qui m'ont invité à cette visite, ainsi que Sylvain Bazin, le rédacteur en chef du magazine Wider.

1er jour

Visite de magasins outdoor dans le centre de Munich

Nous arrivons à Munich en milieu d'après midi et avant de rejoindre notre hôtel, nous profitons d'être à Munich pour aller voir plusieurs magasins d'articles de sport qui se trouvent dans le centre ville.

Ces 3 magasins sont vraiment impressionnants : sur plusieurs étages et avec des designs vraiment réussis, ils sont immenses et le nombre de produits présentés est énorme. Impossible de ne pas trouver un sac à dos ou des chaussures qui vous conviennent tellement il y a du choix. Les plus grandes marques mais aussi de nombreux modèles dans chaque marque. Et parfois même des stands entiers consacrés à une marque en particulier. Le stand Arc'Teryx dans un des magasins étaient vraiment superbe.

Un des magasin avait même une pièce pour tester l'étanchéité des vestes et/ou pantalons avec des douches qui reproduisent les gouttes de pluie. Le top pour la randonnée et choisir sans se tromper.

2ème jour

Visite de l'usine Lowa à Jetzendorf

Le lendemain matin, Tudor qui représente la marque Lowa, passe nous chercher pour nous conduire à l'usine. Nous sommes en pleine campagne à un peu moins d'une heure de route de Munich. L'usine est installée au coeur d'un petit village, Jetzendorf.

Dans l'usine que nous allons visiter il y a la partie R&D mais aussi la confection de certains modèles. Ainsi, plus de 7000 paires de chaussures sont produites chaque semaine dans cette usine. Le plus gros de la production se faisant ensuite dans l'usine de Slovaquie où sont produites environ 60000 paires par semaine.

Tudor commence par nous parler de la marque Lowa et nous présente plusieurs films sur grand écran qui font la promotion de Lowa. Il nous détaille l'historique de la marque qui a été a été fondée en 1923 et appartient depuis 1993 au groupe italien Tecnica.

Ensuite, on change de bâtiment pour commencer la visite. On croise le directeur de Lowa et on passe dans les ateliers de recherche et développement où sont conçus les modèles des prochaines années. Dans les premières salles, je n'ai pas le droit de prendre des photos car les employés sont en train de travailler sur les prototypes des modèles de 2020. On nous a présenté certains modèles de 2019 qui arriveront donc seulement l'an prochain dans les magasins. Certains modèles ont déjà été présentés sur certains salons spécialisés. On aura certainement l'occasion d'en tester pour randozone.

On nous explique le principe de conception des chaussures, du choix de la semelle au système de fixation des lacets en passant par l'utilisation ou non d'une membrane en Gore-Tex. La conception se fait sur ordinateur (parfois en partant d'un modèle existant qu'on va faire évoluer, parfois en créant un nouveau modèle complètement) puis un prototype est fabriqué dans les locaux pour vérifier que ce qu'on voit sur l'ordinateur est performant une fois assemblé avec les différents matériaux et pièces de tissu. Ce n'est pas toujours le cas...

Plusieurs machines sont prévues pour tester le cuir, les lacets, le ruissellement de l'eau, les points d'usure, rien n'est laissé au hasard.

Pour fabriquer une paire de Camino Gtx que j'ai eu l'occasion de tester, j'apprends qu'il faut plus de 100 pièces par chaussures et qu'il faut environ 1h20 sur les différents plateaux pour assembler toutes ces pièces et obtenir une paire neuve. Je ne pensais pas qu'il y avait autant de pièces différentes dans une seule chaussure !

Ensuite, on passe dans les salles de stockage des différentes pièces : les semelles qui peuvent être fabriquées par principalement deux producteurs italiens pour Lowa ou sous Licence pour Vibram, les pièces de cuir qui seront découpées par des grandes machines à couteaux (pas de découpe au laser ici), les membranes Gore-Tex, les lacets, crochets, les emprises pour le talon... Tout ce qui se retrouve sur les nombreux modèles proposés par Lowa.

Il y a même un atelier de réparation de chaussures car on peut faire changer les semelles une fois qu'elles sont usées. Elles reviendront ici, dans cette usine, pour recevoir une paire de semelle toute neuve. Une bonne idée pour prolonger la vie de ses chaussures et éviter d'en acheter trop souvent. D'autant plus qu'à environ 80 euros, il est parfois plus rentable de changer les semelles que de racheter un modèle neuf.

Plus loin, on découvre les premiers ateliers dans lesquels commence l'assemblage des différentes pièces des futures chaussures. Certaines pièces sont cousues à la main, d'autres sont usées pour que la colle adhère mieux, chaque atelier a sa spécificité. Quand la chaussure prend forme, il est temps de la placer autour d'un pied factice qui s'appelle "une forme" qui va permettre d'assembler la chaussure autour de cette forme.

Une machine à couteau découpe une pièce de cuir pour fabriquer un prototype. A droite, la pièce une fois découpée.

Travail de précision réalisé à la main sur certaines pièces

C'est là que les choses deviennent sérieuses. Dans chaque catégorie (Alpine, Backpacking, Trekking - pour cette usine à Jetzendorf) Lowa utilise des formes différentes et spécifiques pour construire les divers modèles de chaussures. Chaque pied artificiel va accueillir une semelle de montage, une tige de chaussure prémontée, puis dans certains cas un enrobage en gomme avant l'encollage de la semelle extérieure. On va venir « habiller » ce pied avec le dessus de la chaussure (la tige, qui est déjà composée de plusieurs pièces avec ses différents accessoires) puis le reste des pièces tout autour.

Des ateliers de travail très techniques

Certains postes ont l'air vraiment très technique et même poser une zone de colle ou user le cuir à l'aide d'une machine nécessite des mouvements très particuliers. C'est là qu'on se rend compte de la complexité de l'assemblage de toutes ces pièces et de l'intérêt d'avoir des ouvriers qui travaillent à la main et toute l'importance d'un bon mouvement pour que toutes les pièces soient au bon endroit.

A noter qu'une paire de Lowa est fabriquée en même temps. Les deux chaussures sortent en même temps des ateliers. Contrairement à certaines marques, on ne fabrique par 10000 chaussures droites puis plus tard 10000 chaussures gauches qu'on met ensuite dans une boîte. Ici, les deux chaussures seront assemblées par les mêmes ouvriers dans les mêmes conditions ce qui garantie une homogénéité entre les deux chaussures d'une même paire. Chaque détail compte...

Pose des lacets temporaires

Le poste des lacets temporaires est aussi primordial car il s'agit de fermer les chaussures avec des lacets qui devront avoir le même emplacement et exactement le même espacement. La dame qui installe ces lacets travaille avec une réglette pour que chaque chaussure sont identique à la précédente. Du travail de précision pour le confort de nos pieds.

Il y a de nombreuses étapes pour l'assemblage d'une chaussure et deux postes ont attiré mon attention : l'installation des lacets temporaires et la machine qui déforme le cuir pour donner la forme à l'avant de la chaussure. Cette machine est énorme et s'adapte à chaque modèle qui aura une forme différente. Il ne faut pas laisser trainer ses doigts car la pression est énorme et la cadence ne doit pas ralentir car les chaussures à former arrivent régulièrement du poste précédent.

Si vous avez lu jusqu'ici, vous aurez compris que l'assemblage d'une paire de chaussures de qualité nécessite de bons produits mais aussi un savoir faire bien spécifique. C'est ce qui permet d'obtenir des chaussures qui vont vous accompagner pendant de longues années si elles sont bien entretenues. Et c'est ce qui justifie le prix de certains modèles haut de gamme.

Après cette visite, je dois avouer que je ne regarde plus mes chaussures de la même façon et je comprend les enjeux de maîtriser la chaîne de production et de fabriquer en Europe même si le produit final doit être un peu plus cher. C'est ce qui garantit un produit de qualité et Lowa a l'air fier de ses produits fabriqués dans ses usines en Europe.

Pour avoir testé 3 paires très différentes (une chaussure de trekking, une chaussure de fast hiking et une chaussure tige basse), je peux dire que ce sont des chaussures de très bonne qualité, à l'excellent confort et aux finitions superbes. J'ai adoré le modèle Camino GTX que j'ai pris avec moi lors d'un trek de 5 jours au Pérou. J'avais reçu les chaussures juste avant de partir et le confort a été excellent dès que j'ai mis les chaussures aux pieds. Pas de point dur, confort parfait (on se croirait dans des chaussons) et aucune ampoule ni échauffement durant les 10 jours au Pérou malgré des chaussures neuves. Et pourtant j'ai des pieds difficiles (longs et fins) qui sont très sensibles aux ampoules en général. Et je continue à mettre ces chaussures lors de mes randonnées dans les Pyrénées pour voir comment elles évoluent dans le temps.

Et en bonus, une vidéo de l'usine de Jetzendorf fournie par Lowa

Les chaussures Lowa que j'ai testé pour Randozone