Ski-alpinisme dans les Pyrénées

Altitoy Ternua 2016 dans les Hautes-Pyrénées

avec

Club Altitoy Luz

Le 27 et 28 février avait lieu l'Altitoy Ternua 2016, une compétition de ski-alpinisme sur la station de ski de Barèges-La Mongie. On vous raconte notre week-end entre athlètes de haut niveau et chutes de neige importantes. A noter la présence de Kilian Jornet, star du trail et du ski-alpinisme qui faisait équipe avec le français Mathéo Jacquemoud.

Il est 4h45 du matin et le réveil sonne depuis quelques secondes. La pluie rebondit sur le velux depuis plusieurs heures déjà. De grosses gouttes qui annoncent une journée difficile pour prendre des photos. J'ai rendez vous à 5h30 à l'office de tourisme de Luz-Saint-Sauveur pour monter jusqu'à la station de ski de Barèges. Nous sommes le 27 février et c'est le week-end de la compétition de ski-alpinisme Altitoy Ternua organisée par Luz-Saint-Sauveur.

Cette année, la course est inscrite pour la première fois dans la Coupe du Monde de ski-alpinisme. Il y aura donc les plus grands noms de ce sport qui vont s'affronter en équipes de 2 sur 2 manches et plus de 3500 mètres de dénivellé. La météo annonce de grosses chutes de neige tout au long du week-end.

Je suis là pour prendre des photos et parler de cette course qui en est à sa neuvième édition. Cette année Kilian Jornet la star du ski-alpinisme et du trail sera de la partie avec son ami Mathéo Jacquemoud avec qui il va faire équipe. Du côté des filles, c'est la française Laetitia Roux qui devrait gagner la course en compagnie d'Axelle Mollaret car elle domine la discipline. Mais avec les conditions météo particulièrement difficiles, il faudra se méfier.

A 5h30, nous partons donc vers Barèges dans un Kangoo équipé de pneus neige. Je suis content de ne pas prendre ma voiture car quelques kilomètres plus loin, la pluie se tranforme en neige. De gros flocons qui s'abattent sur le pare-brise et qui rendent la visibilité très incertaine. Comme, en plus, il fait nuit noire, il faut faire bien attention.

On envoie quelques SMS pour prévenir tout le monde que la route commence à se recouvrir de neige après Barèges. Quelques espagnols montent en même temps que nous. La course étant une collaboration entre la France et l'Espagne, ils seront nombreux à avoir fait le déplacement. Il y a aussi une grosse participation des Italiens qui sont très forts dans cette discipline.

Finalement, on arrive sains et saufs au point de départ de la course. De nombreux bénévoles s'activent déjà dans la nuit pour que tout soit prêt à l'heure du départ. Ce matin, toutes les équipes de la catégorie Elite s'élanceront à 7h30. Ils devront gravir les 2200 mètres de dénivelé sur un parcours qui a été balisé et qui est validé le matin par les juges de la Coupe du Monde. Le tracé a été adapté à cause de la météo qui rendait certains passages de crêtes trop dangereux.

En attendant le départ, nous allons utiliser une sorte de buggy à chenille pour monter sur la station et nous positionner stratégiquement pour attendre les premiers concurrents en haut d'une bonne montée.

Il fait toujours nuit et la neige tombe de plus en plus fort avec beaucoup de vent quand nous démarrons notre montée. La neige nous fouette le visage et je n'ai pas pensé à mettre mon masque. Je me protège comme je peux avec la capuche de ma veste Gore-Tex qui va bien me servir aujourd'hui.

Nous arrivons au point prévu mais la neige et le vent sont trop violents pour qu'on attende ici pendant une heure. Notre chauffeur décide de nous monter un peu plus haut pour qu'on se réfugie dans la gare d'arrivé du télésiège du Tourmalet. La porte est ouverte et on sera à l'abri du vent et de la neige.

On va rester un bon moment dans la cabane pour être au chaud et boire un thé. Puis nous chaussons les skis (qui sont montés avec nous dans le buggy) pour descendre un peu et rejoindre le point de passage des athlètes. Plusieurs organisateurs sont déjà là. Ils sont montés en skis et doivent s'occuper du pointage des dossards à cet endroit.

On va être bien placés pour voir les athlètes finir leur montée, sortir les peaux (qui sont collées sous les skis pour ne pas repartir en arrière à la montée) et se lancer dans la descente.

A cette heure de la journée, on ne voit pas très loin et il neige encore très fort. Difficile de faire de belles photos dans ces conditions, d'autant plus que mon appareil n'est pas étanche donc j'utilise un sac poubelle pour le protéger le plus possible de la neige qui tombe dessus.

Le départ a eu lieu à 7h30 précises et les participants au circuit A (Elite) se sont élancés pour plus de 2000 mètres de dénivelé.

A peine le temps de s'installer et de discuter un peu que les premiers arrivent déjà : les italiens sont en tête suivis de Mathéo Jacquemoud et Kilian Jornet. Le français et l'espagnol ne sont pas partis devant car ils forment une paire de deux nationalités différentes ce qui n'est pas pris en compte pour le classement de la coupe du monde. Mais Kilian a tenu à faire certaines courses en équipes avec son ami Mathéo.

Les visages sont tirés, concentrés sur cette première manche de plus de 2000 mètres de dénivelé. A l'endroit où nous sommes il leur reste une grosse partie de l'itinéraire à parcourir. On pense que les premiers vont mettre entre 2 heures et 2h30 pour finir le parcours.

On prend quelques photos de ce premier groupe et il faut ensuite attendre un bon moment pour avoir les suivants, ce qui montre bien la différence de niveau entre les athlètes.

Puis c'est au tour des premières filles d'arriver à notre hauteur. Les premières à passer sont la paire composée d'Axelle Mollaret et Laetitia Roux. Leur avance à toutes les deux est très importante. On ne se fait aucun soucis pour leur victoire mais il faudra quand même être rapide pour ne pas se faire rattraper par les suivantes (au total sur les deux épreuves, les françaises auront presque 6 minutes d'avance sur les suivantes...).

On laisse passer d'autres concurrents pour les prendre en photo et avant que tout le monde soit passé par ici, on chausse les skis pour descendre.

On se rend sur la ligne d'arrivée car les premiers ne vont pas tarder à arriver. On ne sait pas du tout qui est en tête à ce moment là de la course car on est un peu isolé au milieu de la montagne.

La petite couche de neige qui est déjà tombée rend la descente très agréable sous les skis mais la neige qui tombe est très désagréable : soit on met le masque et la neige se colle à la vitre, soit on ne met pas le masque mais la neige nous tombe dans les yeux. Ca ne doit pas être facile pour tous ces athlètes pour les descentes...

On arrive rapidement sur la ligne d'arrivée et il ne faut pas attendre longtemps pour que les premiers arrivent. Dans l'ordre on voit arriver Mathéo Jacquemound qui passe la ligne d'arrivée largement avant les deux italiens et Kilian Jornet qui pointe en quatrième position. Malheureusement, comme c'est une épreuve par equipe, c'est le classement du second équipier qui donne le classement. La paire franco-espagnole est donc deuxième à une seconde des italiens. Mais cet Altitoy Ternua se déroule en deux manches. Donc tout n'est pas perdu pour Kilian et Mathéo. Il faut gagner l'épreuve de demain avec un peu d'avance et ils seront premier au classement général.

Nous attendons un peu et les filles arrivent à leur tour. Comme prévu, c'est la paire française qui passe la ligne d'arrivée en premier avec une large avance sur les secondes.

Quand nous avons assez de photos, on redescend vers Luz-Saint-Sauveur. Il est tombé une bonne dizaine de centimètres depuis ce matin et les voitures ont une épaisse couche de neige sur les toits. A la descente, certaines voitures vont finir dans le fossé. Nous, avec les pneus neige, on descend tranquillement et on se retrouve tous au centre de presse installé à l'office de tourisme de Luz.

Nous ne restons pas longtemps pour aller extraire les photos de l'appareil et les sauvegarder. On aura pas le temps de les traiter aujourd'hui car on va aller se balader un peu au dessus du village de Luz. Il y a une couche de neige de 10 centimètres dans le village et le temps s'est bien amélioré avec de belles apparitions du soleil. Il vaut mieux en profiter car ça ne va pas durer.

On monte donc au château Sainte-Marie pour avoir un beau point de vue sur le village et on fait ensuite une boucle en continuant au desus du château. Le panorama est superbe entre neige, nuages et soleil.

Le soir, on apprend que la deuxième étape va être modifiée car il faut que la course se termine avant l'ouverture de la station de Barèges. L'étape va donc être raccourcie (1500 mètres de dénivelé positif) avec un départ depuis le parking de Tournaboup et une arrivée au même endroit qu'hier.

Aujourd'hui, il ne sera pas possible de prendre des photos au départ et à l'arrivée et l'épreuve étant assez courte, on aura pas le temps de descendre en ski pour voir l'arrivée non plus.

C'est pas grave, on se contentera de prendre des photos à l'arrivée d'un téléski à un endroit assez stratégique car les athlètes passeront devant nous à la montée, continueront sur une montée très raide dans un couloir, tourneront derrrière la montagne pour ensuite redescendre par un autre couloir très raide avant de repasser devant nous.

La matin, il ne pleut presque pas, c'est sympa. On monte jusqu'au parking de Tournaboup où on va attendre un moment car nous sommes en avance et ce n'est pas utile de monter trop tôt. Comme hier, c'est le véhicule à chenille qui va nous monter de nuit sur la station de Barèges. Mais cette fois çi j'ai prévu le coup et j'ai mis les gros gants et le masque.

La montée se passe très bien et on arrive au point prévu assez tôt. Il fait encore assez sombre et nous ne sommes que tous les trois à profiter de l'endroit. Tout est blanc. Le silence et le froid nous entourent.

Mais rapidement un groupe de l'organisation arrive et il faut tout préparer pour les compétiteurs. Tout le monde s'organise car à cet endroit les coureurs vont se croiser et un peu plus loin c'est le second parcours qui passe et ils ne doivent pas se tromper d'itinéraire.

Aujourd'hui on va attendre un peu plus longtemps pour que les premiers arrivent car nous sommes positionnés vers la fin de la course. Une fois que les coureurs repassent devant nous, ils ne leur reste qu'une descente pour passer la ligne d'arrivée. Kilian et Mathéo vont donc devoir prendre tous les risque s'ils veulent gagner l'épreuve et arriver suffisament en avance pour gagner au général.

En bas, le départ a lieu au parking de Tournaboup à 8h00. Tous les concurrents s'élancent pour 1400 mètres de dénivelé. L'épreuve va être beaucoup plus rapide que celle d'hier.

Au premier passage devant nous, effectivement ils sont premiers mais les italiens sont juste derrière eux. Le regard de Kilian quand il passe en dit long sur son degré de motivation et de concentration. A priori il n'est pas là pour admirer le paysage... Un peu plus tard il nous confiera qu'il aime beaucoup cette course dans les Pyrénées et qu'il tenait beaucoup à gagner ce week-end surtout sur une course par équipe avec son ami Mathéo.

Je continue à prendre des photos tout au long des passages des concurrents. Et en même temps, je regarde si les premiers redescendent dans le couloir. Au bout d'un moment, on voit Kilian et Mathéo commencer à descendre. Ils vont très vite, talonnés par les italiens (toujours là). Ils passent devant nous sans ralentir malgré le virage à négocier.

Ca va très vite, je n'ose même pas imagine comment va se passer la descente vers la ligne d'arrivée. Les italiens étant vraiment très proches, tout va se jouer sur cette descente qui promet une belle bataille.

Malheureusement, nous ne la verrons pas car il faut continuer à prendre des photos, les filles vont bientôt arriver elles aussi. Par contre, l'avance est beaucoup plus large et l'équipe Laétitia/Axelle qui passe devant nous semble plus sereinne. Elles gagneront facilement cet épreuve aussi.

Je finis les photos et nous redescendons pour aller voir l'arrivée mais la plupart des premiers sont déjà repartis. Direction Luz-Saint-Sauveur pour faire le point.

C'était un très beau week-end malgré la neige qui a compliqué l'organisation de la course et la prise des photos. On a beaucoup aimé voir tous ces athlètes se battrent sur un parcours qui passe sur une station sur laquelle je skie depuis de nombreuses années.

On a aussi rencontré des gens vraiment sympas qui participent à l'organisation de cet évènement et qui nous ont accompagné tout au long de ce week-end. On leur passe le bonjour et on les remercie pour leur accueil. Vivement l'année prochaine en espérant que le soleil soit au rendez-vous cette fois-ci.

Les podiums

Hommes

Filles