Randonnée, trekking et sports de plein air

Haute route du Mont Rose en août 2003

Alpinisme en Suisse : Haute route du Mont Rose réalisée en août 2003

Page créée le 08/11/2014 par paul1

Alpinisme : Haute route du Mont Rose en août 2003

Alpinisme

Pays : Suisse

Départ : Zermatt

Description de l'activité

1er jour : traversée du sommet W du Breithorn (4164 m ) et descente compliquée au refuge des guides du Val d’Ayas (3394 m)

Petite forme car la canicule de cet été 2003 n’a pas favorisé mon entraînement. Hier il a fait très chaud à Zermatt, et ma nuit n’a pas été super.

Nous montons au Klein Matterhorn (3800m) par les téléfériques et nous nous équipons. La montée au Breithorn s’est bien passée malgré le rythme soutenu imposé par le guide qui teste notre condition.

Montée au sommet ouest du Breithorn

Contrairement à 1998 où j’étais monté seul sous la neige, il y a beaucoup de monde au sommet. L’arête qui traverse le sommet ouest, le plus haut du groupe, est fine avec une pente très raide sur la gauche et des rochers en contrebas à droite. Je pars en premier sur cette arête qui fait 30/40cm de large et nous descendons lentement jusqu’au plateau du Breitorn Pass.

Sommet ouest du Breithorn 4164 m

Arrivé au plateau, je me félicite de cette première journée que je crois terminée et qui m’a donné l’occasion de chevaucher une première arête aérienne. Mais le plus dur est à venir : compte tenu de l’état du grand glacier Di Verra, nous devons zigzaguer et remonter des pentes jusque sous le versant italien du Polux pour rejoindre péniblement, car la neige est chaude, le bout du glacier où se trouve le refuge des guides du Val d’Ayas.

Nous avons joué à saute crevasse pendant 3h00. Un pont de neige vraiment inquiétant a été franchit par l’équipe : impressionnant !

Finalement nous atteignons le refuge situé le long du glacier Di Verra, et qui bénéficie d’une terrasse naturelle.

Refuge des guides du Val d'Ayas

La vue des sommets et des vallées est saisissante. Il fait un soleil de plomb et malgré l’altitude une chaleur impressionnante.

2ème jour : traversée du Castor (4221m ) et descente sur le refuge Quintino Sella (3585 m)

Départ vers 6h00 après un petit déjeuner copieux.

La montée d’une première bosse sur le glacier se passe mieux que prévu. Nous remontons une partie des crevasses descendues hier. Il fait froid et les ponts de neige sont solides. Le vent du petit matin m’apporte la première sensation de froid depuis longtemps.

Nous attaquons les pentes qui mènent au Castor. Un long cheminement en traversée puis un lacet à gauche et nous sommes dans une pente soutenue. Le guide marche toujours à bon train et les pauses sont rares.

Pas de la rimaye au Castor

La rimaye, très ouverte, nous oblige à passer complètement à gauche pour rejoindre l’arête sommitale par une montée directe de 30 m dans une pente de 45° en glace tendre. Le passage est tout de même assez difficile. De plus quelques cordées traversent le sommet en sens inverse du nôtre ce qui les amène à effectuer leur descente par cet itinéraire. Cela crée un petit embouteillage car il n’y a qu’une trace que tout le monde veut prendre.

Deux cordées descendent ainsi pendant que nous attendons planqués en contrebas de la rimaye et en plein froid. Les mecs n’y arrivent pas trop et plantent deux broches qui se coincent dans les nœuds de vache de leur corde qu’ils ont oubliés d’enlever.

Finalement c’est notre tour et nous passons sans problèmes, le raidillon se poursuit par des rochers et c’est enfin l’arête qui mène au sommet.

Arête du Castor

La montée terminale est superbe et le sommet permet une belle pose. C’est pour moi un nouveau 4000 à mon actif et cela se savoure !.

Arête sommitale du Castor

Je passe devant pour la traversée, par une arête fine qui demande toujours de la concentration. Une deuxième cime est ainsi parcourue, puis nous atteignons un replat avant la descente où nous faisons une belle halte. Sincèrement, j’aurais aimé que cette arête soit plus longue tant elle était belle.

Arête du Castor

La descente permet de passer la rimaye en face sud, dans une pente de 35° environ. Nous descendons ensuite le glacier de Félik, moins galère qu’hier pour rejoindre le refuge de Quintino Sella que nous atteignons vers 11h00. Grande ambiance à nouveau au milieu des glaciers de la face sud du massif et grosse chaleur à 3600 m ! on se mettrait à poil sans problèmes.

Refuge Quintino Sella 3585 m

3ème jour : Paso Del Naso (4150m) , Pyramide Vincent (4215m) et refuge Gnifetti (3647m)

Départ vers les 6h30. La pente de départ n’est pas trop dure mais nous devons effectuer un écart pour contourner de grosses crevasses.

Arrivés au premier col nous nous répartissons le matériel pour l’attaque du nez du Lyskamm (El Naso).

Le nez du Lyskamm (Es Naso) 4160 m

Ca monte bien : 35° puis 40°… peu de traces et pente expo. Nous arrivons au « Pas du Nez » qui nous ouvre la vue sur les sommets du Mont Rose.

La descente se fait par une sente de mauvais blocs et d’éboulis située au sud du passage normal dont la rimaye est infranchissable.

Nous gagnons ensuite un plat puis remontons en louvoyant entre quelques crevasses et en passant sous une gigantesque barre de séracs qui descendent du versant sud du Lyskamm.

En montant au col Vincent

Pyramide Vincent 4215 m

Nous atteignons ensuite le col Vincent où nous déposons les sacs pour partir à la rencontre de la pyramide Vincent. Une belle pente de neige se redresse vers la rimaye, cette fois elle est en bonne condition. La fin de la montée est splendide, arête de neige très sympa. Je me fait photographier les bras en V en hommage à tous les Vincent.

Pyramide Vincent 4215 m

Pyramide Vincent 4215 m

Descente impeccable où nous rejoignons les sacs.

Le glacier de descente qui mène au refuge Gnifetti a « les tripes à l’air » et nous traversons une zone compliquée qui m’a rappelée le glacier des Violettes. Ce ne sont plus des crevasses mais des séracs. Plusieurs ponts de neige délicats sont à traverser. Heureusement l’effet d’entraînement de groupe et l’habitude d’enjamber des trous depuis deux jours limitent la gamberge. On voit notamment une crevasse avec de jolies couleurs vertes.

Je ne sais pas pourquoi je suis tout excité en arrivant au refuge : je me mets à écrire et je n’ai pas envie de me reposer. Je prends soin de m’hydrater et j’ai organisé convenablement mes affaires dans mon sac. Plus encore, je me suis fait une toilette aux lavabos. Hier j’avais du mal à supporter les utilisateurs du refuge (bruits incessants aux accents teutons, impossible de se reposer). Bref, je suis nettement mieux qu’hier, même si j’ai les jambes qui tirent un max.

4ème jour : Col de lys (4228m), Ludwigshöhe (4367m), Zumsteinspitze (4563m), Signalkuppe ou Pointe Gnifetti (4554m)

Nous remontons le glacier du Lys, passons à côté du col Vincent, puis nous dépassons la pyramide Vincent et nous dirigeons vers le col de Lys que nous atteignons directement.

Glacier du Lys

Col du Lys 4228 m

A partir de là commence une longue traversés sur la droite, dans un décor exceptionnel. Nous passons sous le Parrotspitze (4432m), grosses barres de séracs à droite, et devant nous les plus hauts sommets du Mont Rose.

Le temps devient incertain et orageux. Le Signalkuppe et le Zumstein se couvrent d’une brume opaque. Nous prenons à droite pour gravir le Ludwigshöhe (4367 m) qui est bien dégagé. Le franchissement de sa rimaye oblige à longer un peu l’arête sommitale qui et barrée un peu plus loin par une brèche infranchissable. Nous traversons en pleine pente (petit 40°) pour rejoindre l’arête (un passage raide) que nous poursuivons jusqu’au sommet.

Ludwigshöhe 4367 m

Montée au Ludwigshöhe 4367 m

La traversée demanderait de descendre une pente raide (au moins 45°). Nous faisons demi-tour pour retrouver les sacs et monter au col Gnifetti (4454m).

L’ascension du Zunsteinspitze (4563m) se déroule par une arête de neige et se termine par un ressaut rocheux en escaladant des blocs. Au sommet, une vièrge dorée, une vierge en argent et un Christ… viva Italia !

Vue somptueuse sur la Pointe Dufour (4634m) et surtout sur la face nord du Lyskamm… de la grande classe !

Zunsteinspitze (4563m)

Pointe Gnifetti (4554m)

Le temps qui est resté clément avec nous se couvre irrémédiablement pendant la descente, et c’est dans une averse de grésil avec un vent qui forcit que nous effectuons notre dernière ascension : la pointe Gnifetti (4554m) au sommet de laquelle se trouve le plus haut refuge des Alpes : la cabane Margherita.

La neige va tomber toute l’après midi ainsi que la nuit, nous ne profiterons pas de la vue de ce point de repos exceptionnel, mais personne ne se plaint car tous les compteurs de belles images sont au maximum.

Nous en profiterons pour jouer à la belote, mais est-ce la fatigue ou l’altitude, tout le monde oublie la couleur des atouts , du moins les premiers tours. Petit à petit la concentration revient et nous faisons quelques belles parties.

Question altitude, les ascensions de la journée se sont bien passées, pas d’essoufflement particulier, mais à l’arrivée au refuge je plane pendant un petit moment. Après avoir bu un thé, je file au dortoir où par moments je respire activement. Visiblement l’organisme cherche ses repères.

Finalement, après une période de repos moyen, tout le monde est assez en forme.

Le refuge est chauffé en permanence par une chaudière, trop même, il y fait 29° et c’est intenable, on ouvre les fenêtres mais là le blizzard est trop fort car la tempête souffle au dehors.

Un groupe de chercheurs pianotent sur des portables, ils font paraît-il des expériences sur les réactions de l’organisme à l’altitude.

5ème et dernier jour : descente à la station ferroviaire de Rotenboden (2819m)

Il a neigé toute la nuit et le ciel est complètement bouché. Nous retardons notre levé et notre départ d’une heure car nous ne sommes pas sûrs de trouver la trace. Le guide va discuter avec un collègue suisse qui connaît bien le glacier et qui passera devant.

A 7h15 nous sortons du refuge sous la bourrasque et cette fois équipés de plusieurs couches de vêtements. Le vent et la neige nous montrent qu’ils sont encore les maîtres à cette altitude et chacun peut apprécier la qualité de son équipement.

La descente commence à bon train, j’ai tiré la capuche au maximum, et je ne vois que devant mes pieds, devant moi trois silhouettes avancent dans la purée de pois. Nous perdons vite de l’altitude dans ces pentes raides. Nous attaquons la descente du Grentzgletchler et là commence une belle farandole dans des séracs particulièrement difficiles cette année. Nous effectuons quelques passages assez expo notamment deux pas d’équilibre mais le vent se calme dans la descente et il neige de moins en moins ; le grain est au dessus de nos têtes et cela nous arrange bien pour cette portion de glacier.

Le Grentzgletchler dans le mauvais temps

Peu à peu le ciel se découvre et nous pouvons admirer le côté suisse du massif , plus « himalayen « car en face nord.

Arrivés au pied du glacier sans encombres, nous déchaussons mais c’est loin d’être fini : il nous faut maintenant descendre des éboulis qui mènent à la Monte Rosa Hütte (2795m), puis franchir des petites barres rocheuses équipées de marches et de cordes fixes. Vers 2700 m on prend pied sur un glacier à «vif » que nous traversons en enjambant des crevasses et des blocs de pierrailles.

Encore des éboulis puis un deuxième glacier est traversé en suivant des drapeaux rouges, il faut ressortir les gants et le piolet car les crevasses obligent à quelques dernière cabrioles, mais nous ne rechaussons pas les crampons ; pas de corde non plus. Nous arrivons ainsi à 2600m environ. Et là il faut remonter des lacets raides et une longue traversée ascendante vers la station de Rotenboden. La vue est extraordinaire sur les sommets que nous avons côtoyés cette semaine : Breithorn, Pollux, Castor, Lyskamm et Mont Rose.

L’ampleur des glaciers est sans commune mesure avec mes anciennes expériences, même celles du Mont Blanc.

Mont Rose et Lyskamm

C’est au cours de la traversée ascendante que nous essuyons un orage de grêle qui nous oblige à capuchonner et nous rejoignons la station de Rotenboden au pas de charge ; un final explosif !

Finalement c’est grelottant que je rejoins Zermatt avec ma polaire et ma veste mouillée. J’espère me réchauffer avec un bon chocolat chaud au bar de la gare, mais il est servit… froid !!

Voilà, c’est fini. Tout c’est bien passé et c’était bien beau….

Autres photos de la course

Haute route du Mont Rose Août 2003

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Toutes les photos de cette activité

Haute route du Mont Rose

13017

paul1

 

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Tous les commentaires

1. isa 19/03/2015:

c'est vraiment très beau, parfois je regrète de pas habiter à la montagne plutot qu'en ardèche !! loulou bateaux

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