Les paysages de steppe se déroulant à l’infini suscitent un incomparable sentiment de liberté et des rêves de nature pure et puissante. Le mode de vie des nomades turco-mongols, qui transcende les frontières et les langues, éveille autant de fantasmes. Ces sociétés équestres millénaires développent des caractéristiques communes comme la générosité et l’hospitalité, l’admiration de la nature, l’amour de la poésie et du chant, dont la découverte offre au voyageur l’occasion d’une remise en question. C’est au même exercice vertigineux que conduit un plongeon dans l’océan des steppes, monotones et primitives mais ô combien grandioses : solitude, distances immenses, manque d’eau, absence d’abri développent l’humilité. Un paysage à l’aune du bétail, selon l’éleveur, mais qui parle d’autant plus de Dieu au voyageur que rien n’y rappelle l’homme. La vertu des steppes se révèle au preux capable d’oublier la morsure du soleil, de la bise et de la neige pour apprécier le parfum de l’armoise chargée de rosée ou le thé offert sous la yourte en hiver, pour restaurer un lien avec la nature et développer le sens du partage.